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Devons-nous craindre le vote musulman en France ? Idrees Kone

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Cette année 2022 est une année électorale en France en effet le 24 avril, les français ont voté le président de la république. Et ils s’apprêtent à renouveler les députés de l’Assemblée nationale les 12 et 19 juin 2022.  Un fait marquant durant cette élection est que le vote des musulmans fut un sujet d’actualité et a été quelque fois pris en compte dans les débats politiques. Très peu évoqué voir quasi ignoré, les politiques cette année ont jeté un regard sur la sociologie confessionnelle des votants. Un candidat en l’occurrence Jean-Luc Mélenchon arrivé au 3ème tour de la présidentielle a raflé une bonne partie des votes des musulmans.  Ce candidat il faut le reconnaitre a toujours refusé de verser dans l’islamophobie ambiante de certains politiciens qui surfe sur la peur des français pour engrener des voix mais, il a une approche plus républicaine dans le traitement des musulmans à savoir le droit de pratiquer sans être sans cesse ostracisé. Il a été qualifié d’islamo-gauchiste, un terme sans doute péjoratif pour encore une fois de plus créer la peur des musulmans. Madame Le Pen qualifié pour la plupart d’islamophobe a quelque peu flanché sur la question de l’interdiction du voile dans l’espace publique avant de se raviser. Le président élu en discussion avec une femme voilée l’interrogeait si elle la portait volontairement, ce qu’elle affirmait par l’affirmative et il en fut ravi.

La question est de savoir devons-nous avoir peur du vote des musulmans. L’Islam est-il contre la démocratie ? Lorsqu’on étudie le Saint Coran, l’on se rend compte que dans les différentes formes de gouvernement, l’Islam a préconisé la démocratie et le choix des électeurs envers un candidat tel que préconisé par l’Islam devrait aboutir à des élus les meilleurs possibles et pour une meilleure conduite du pays.

Relatif au choix des élus, le Saint Coran enjoint ceci :

En vérité, Allah vous commande de céder les charges à qui de droit, et quand vous jugez entre les hommes, de juger avec justice. Et assurément, ce à quoi Allah vous exhorte est excellent ; Allah Entend-Tout, Voit-Tout. (Chapitre 4, Al-Nissâ, verset 59)

A la lumière de ce verset, le premier critère inéluctable et non négociable est le mérite du choix de l’élu. L’Islam ordonne il faut choisir le meilleur candidat qui sera à même d’accomplir la mission quelque soit le bord politique.

Feu le 4ème Calife (que Dieu l’enveloppe de Sa miséricorde) de la communauté musulmane Ahmadiyya abordant la même analyse a écrit : « le concept de démocratie présenté par l’Islam repose sur deux principes fondamentaux :

  1. Le processus d’élection doit être basé sur l’intégrité et l’honnêteté la plus totale.

L’Islam enseigne que lorsqu’on remplit son devoir électoral, on doit le faire en ayant à l’esprit le fait que Dieu nous surveille et que nous devrons répondre devant Lui de nos décisions. On doit voter pour ceux qui sont les plus capables de faire face à leurs responsabilités nationales, et ils doivent être dignes de confiance. Une règle implicite dit en outre que le devoir de voter est obligatoire, à moins, bien sûr, que des circonstances particulières et extraordinaires ne le permettent pas.

  1. Les gouvernements doivent fonctionner sur le principe de la justice absolue.

Le second principe fondamental veut que, lorsqu’on prend une décision, on le fasse en se basant sur un principe de justice absolue.

Que ce soit pour une question sociale, politique, économique ou religieuse, le principe de justice ne doit jamais être compromis. Après la formation du gouvernement, le vote à l’intérieur du parti doit toujours se faire en gardant la justice pour objectif premier. Aucun intérêt personnel, aucune considération politique ou autre ne doit influencer le processus de décision. Ainsi donc, toutes les décisions prises dans cet esprit sont obligatoirement et véritablement celles du peuple, par le peuple et pour le peuple. »   (Problèmes des temps modernes : les solutions de l’Islam, pages 177-178)

En commentant de façon spécifique, la portion suivante du verset coranique cité plus haut à savoir : « En vérité, Allah vous commande de céder les charges à qui de droit », Il écrit : « Cela signifie que lorsqu’on exerce sa volonté dans le choix des dirigeants, il faut placer sa confiance en ceux qui la méritent. Le droit qu’ont les peuples de choisir leurs dirigeants est incidemment mentionné. Mais l’importance est donnée à la façon dont on doit exercer ce droit. Les musulmans doivent comprendre que ce n’est pas uniquement une question de choix personnel qu’ils pourraient exercer comme bon leur semble. Bien au-delà, il s’agit en fait d’une question de responsabilité nationale. Lorsque la confiance est en jeu, le choix devient très limité. On doit assumer ses responsabilités avec honnêteté, intégrité et altruisme. Les responsabilités doivent revenir à ceux à qui elles incombent réellement….Selon les règles établies de la démocratie, s’il le souhaite, l’électeur peut voter pour une marionnette, ou encore jeter son bulletin de vote dans une corbeille à papiers plutôt que dans une urne. Quoi qu’il fasse, il restera irréprochable, et ne pourra pas être accusé de violer l’un des principes de la démocratie. Selon la définition coranique, l’électeur n’est pas le maître absolu de son vote, mais il en est le dépositaire. En tant que tel, il se doit de remplir son devoir honnêtement et consciencieusement en votant pour celui à qui les responsabilités reviennent. Il doit être vigilant et conscient que Dieu l’observe et qu’il devra répondre de ses actions. Ainsi, selon le concept islamique, si le membre d’un parti politique considère qu’un candidat, nommé par son parti, n’est pas en mesure de remplir ses responsabilités, il devrait quitter ce parti plutôt que de voter pour quelqu’un qui ne mérite pas de telles responsabilités. La loyauté envers un parti ne doit pas interférer dans la décision. De même, il faut accomplir son devoir électoral en étant de bonne foi. Chaque électeur doit donc voter, à moins de circonstances vraiment exceptionnelles. Autrement, il n’aura pas accompli son devoir. S’abstenir ou ne pas voter du tout, comme cela se passe aux Etats Unis où près de la moitié de l’électorat ne se déplace même pas pour voter, est complètement rejeté dans la conception islamique de la démocratie. » (Problèmes des temps modernes : les solutions de l’Islam, pages 179-1780).

En somme, si les électeurs français adoptent le principe du choix des élus tel que préconisé par l’Islam, la peur du vote des musulmans ne serait qu’un vieux souvenir mais surtout, les électeurs auront une grande confiance en leur élu car le choix le plus juste et le meilleur possible fut de rigueur.

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