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Les femmes musulmanes sont-elles condamnées à l’obscurantisme ?

By: Dr Idrissa KONE

Le 23 mars 2022, sept mois après l’ouverture de l’école, les filles afghanes ont été renvoyées à la maison sur décision des talibans. S’ils n’ont pas justifié leur décision, on imagine qu’elle a été prise à la lumière de leur compréhension de l’Islam. Selon eux, l’Islam interdit l’éducation séculière des filles qui doivent être confinées à la maison. Cette interprétation est aux antipodes des enseignements de l’Islam. Nulle part dans l’Islam, les femmes sont reléguées aux derniers rangs non plus ne sont-elles condamnées à l’obscurantisme. Rappelons que les talibans ont une interprétation erronée de l’Islam, en dehors de priver les femmes de leurs droit fondamentaux, nombre d’interdits sont promulgués par les soi-disant défenseurs de la cause islamique.  Dieu a dit dans le Saint Coran que l’homme et la femme sont créés de la même espèce nul n’est supérieur à l’autre. Il est écrit : « Ô hommes ! Craignez votre Seigneur, Qui vous a créés d’un seul être et en a créé sa compagne, et Qui, de ces deux-là, a produit de nombreux hommes et femmes… » (Le Saint Coran, chapitre 4, verset 2). Lorsqu’on étudie la pratique du Saint Prophète (paix et bénédictions de lui soient sur lui), l’on se rend compte que ce prophète fut un défenseur acharné de la gent féminine. Il accorda tant de droits aux femmes qu’aucun dirigeant du monde mondain ne peut l’égaler. On se souvient lorsque le Saint Prophète a reçu sa première révélation, la première personne à qui il se confia fut son épouse Khadija (qu’Allah soit content-elle). Loin de décevoir son mari, non seulement elle fut la première à croire en son message mais aussi elle lui apporta des mots réconfortants qui sont restés célèbres dans l’histoire : « Faible comme je suis, comment pourrais-je porter la responsabilité que Dieu propose de mettre sur mes épaules ?» dit-il ; Khadîdja (qu’Allah soit content d’elle) répondit immédiatement : « Dieu est garant, Il ne t’a pas envoyé Sa parole pour que tu t’en montres indigne et qu’Il doive t’abandonner ensuite. Comment Dieu pourrait-Il faire une telle chose, puisque que tu as de la bonté et de la considération envers ta famille, que tu aides les pauvres et les infortunés à porter leur fardeau ? Tu es en train de faire revivre les vertus qui avaient disparu de notre pays. Tu traites les hôtes avec honneur et tu aides ceux qui sont dans la détresse. Peux-tu donc être poursuivi par le jugement de Dieu ? » (Boukhari). Cela prouve à quel point, le point de vue de son épouse avait une importance capitale aux yeux de Saint Prophète (paix et bénédictions de lui soient sur lui) et qu’elle n’était en aucun cas reléguée à une position inférieure. Relatif à l’éducation séculière et religieuse des femmes, le Saint Prophète a promis la plus grande récompense à savoir le Paradis à tout parent qui réussirait à le leur accorder de la meilleure façon possible cette éducation. Il est rapporté par Abbas (qu’Allah soit content de lui) que le Saint Prophète a dit : « Il n’y a aucun(e) musulman(e) qui a deux filles et s’en occupent bien d’elles sans qu’elles fassent entrer au Paradis. » (Boukhari). L’Islam a mis tant d’emphase sur l’éducation au point que le saint Prophète a exhorté en ces termes sans équivoque :  « Quiconque voyage en quête de connaissance, Dieu le dirigera sur une route du Paradis. » (Abou Dawood). « La recherche de la connaissance est une obligation pour tous les musulman(e). (Ibn Majah). Abou Shourayh Khouwailad ibn ‘Amr al-Khouzai (qu’Allah soit content de lui) raconte que le Saint Prophète (paix et bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « Par Allah, je déclare péché tout échec dans la protection des droits de deux êtres faibles : les orphelins et les femmes. » (Nisai) Les femmes ont joué un rôle prédominant dans l’éducation des masses musulmanes. L’une des plus célèbres fut Aicha (qu’Allah soit content d’elle) la propre épouse du Saint Prophète (paix et bénédictions de lui soient sur lui). Elle fut connue pour avoir mémorisée plus de 2000 hadiths du Prophète (paix et bénédictions de lui soient sur lui). Elle était une bibliothèque vivante. Les compagnons (qu’Allah soit content d’eux) la vénéraient pour ses connaissances inestimables. Abou Moussa Al-Ashari (qu’Allah soit content de lui) dit un jour : « Si nous, compagnons du messager de Dieu, avions des difficultés concernant un sujet donné, nous demandions l’aide d’Aicha. (Sirat-I-Aisha, sous l’autorité de Trimidhi) Abou Moussa al-Ashari (qu’Allah soit content de lui) dit dans une autre tradition : « Jamais Aicha ne nous a mal informé sur la solution à un problème sur lequel nous avions des doutes. (Sirat-I-Aisha, sous l’autorité de Trimidhi) Ourwah bin Az-Zubair dit à son sujet : « Je n’ai jamais trouvé quelqu’un d’aussi versée (qu’Aisha) dans la connaissance du Coran, du licite, de l’illicite, de la généalogie (Ilmul-Ansab) et de la poésie arabe. C’est pourquoi même les compagnons les plus sages consultaient Aicha pour résoudre des sujets complexes. (Jala-ul-Afham par Ibn Qaiyem et Ibn Sa’ad, Vol.2, P.26) Outre Aicha (qu’Allah soit content d’elle), d’autres femmes furent des pionnières dans l’éducation des masses musulmanes, l’on peut citer Fatima el Fihriya, surnommée Oum al Banine (La mère des deux fils) est la fondatrice de la mosquée el-Qaraouiyyîn, plus ancienne université du monde encore en activité.  En résumé, priver les femmes de l’éducation séculière est un handicap sérieux pour l’éducation de la société car ce sont elles qui sont à la base de l’éducation des enfants qui seront les futurs décideurs du monde. Donc l’Afghanistan qui a un retard considérable sur le reste du monde en matière de développement ne fera qu’aggraver ce retard en empêchant la branche féminine de la population.

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